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 YUKIO MISHIMA

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Sapho

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MessageSujet: YUKIO MISHIMA   Mar 1 Juil - 15:48

  
Biographie et informations
Nationalité : Japon 
Né(e) à : Tokyo , le 14/01/1925 
Mort(e) à : Tokyo , le 25/11/1970 

Biographie : 

Yukio Mishima, de son vrai nom Kimitake Hiraoka, est plongé dès son enfance dans la littérature et le théâtre Kabuki dont sa grand-mère paternelle, issue d'une famille de samouraï, lui transmet la passion.

Effectuant sa scolarité au Collège des Pairs, son talent littéraire est très vite remarqué. Invité à publier en feuilleton sa première œuvre importante, La Forêt tout en fleurs, dans la revue Art et Culture, Kimitake choisit pour l'occasion le pseudonyme Yukio Mishima, et fréquente le milieu de l'École romantique japonaise. Puis il poursuit des études, provisoirement interrompues par la guerre, à la faculté des sciences juridiques de l'Université Impériale. 

Après la reddition de 1945, Mishima délaisse l'École romantique japonaise au profit du groupe de la revue Littérature Moderne. Après un bref passage au ministère des finances, Mishima décide de se consacrer exclusivement à sa carrière d'écrivain : Confession d'un masque, paru à l'automne 1948, le révèle au public. 

Auteur prolifique, Mishima enchaîne nouvelles et romans parmi lesquels on peut citer Amours interdites (1951), paru l'année de son premier voyage en Occident, Le Tumulte des flots (1954), Le Pavillon d'or (1956) ou Après le banquet (1960).

Outre plusieurs essais tels que Mes Errances littéraires (1963) et Le Soleil et l'acier (1968), il commence en 1965 l'œuvre la plus importante à ses yeux, un cycle de quatre romans intitulé La Mer de la fertilité (Neige de printemps, Chevaux échappés, Le Temple de l'aube, L'Ange en décomposition), qu'il achèvera juste avant sa mort en 1970. 

Les dernières années de sa vie sont également marquées par la rédaction de plusieurs pièces de théâtre, dont Madame de Sade (1965), Mon ami Hitler (1968), La Terrasse du roi lépreux et Le Lézard noir (1969). 

Mishima se donne la mort de façon spectaculaire au quartier général des forces japonaises en novembre 1970 au cours d'un seppuku. 





LIVRE LU / LE PAVILLON D'OR




En 1950, un jeune moine bouddhique met le feu au Pavillon d'or, construit en 1398 près de Kyôto.
Durant le procès qui suivra, le criminel évoquera plusieurs motifs pour expliquer son geste : sa lutte avec le Prieur, sa « haine de la beauté » qu’il vivait comme un affront, lui qui était laid physiquement et moralement, sa révolte contre l'endormissement du bouddhisme… Les Japonais reconstruiront ce monument qui avait résisté à toutes les guerres et catastrophes naturelles depuis 550 ans. Voilà donc les faits sur lesquels Mishima développe son roman.
L'histoire débute à Maizuru. Le père de Mizoguchi, qui est bonze du village, voue un culte au Pavillon d’or qu’il transmet à son fils. Avant de mourir, il confie celui-ci au prieur du célèbre temple. Au départ fasciné par la beauté des lieux, Mizoguchi est plutôt heureux de son sort. Pourtant, toute cette beauté commence rapidement à lui peser, pour ne pas dire le hanter. Le Pavillon d'or par antithèse souligne la laideur de son âme et son handicap (il est bègue). Il découvre que dans ce lieu de beauté subsistent le mal, les petites combines, les inimitiés. Il se fera deux amis, l'un qui satisfait ses hautes exigences morales et l’autre qui exacerbe son penchant pour la perversité. Pourtant, ces deux amis finiront par se révéler tout autres, lorsqu’il les connaîtra plus profondément. Bref, ce Mizoguchi semble n’être jamais bien dans sa peau, partagé entre le bien et le mal, entre l’abstraite beauté et la réalité, entre ses désirs de pureté et l’appel de ses sens. Beau cas de psychologie.


Au-delà de l’anecdote, ce qui fait la force de ce roman puissant, c'est le style de Mishima. Les descriptions de la nature sont sensibles aux atmosphères et aux moindres détails. Et les analyses, psychologiques ou esthétiques, jamais banales, nous emmènent dans les moindres replis d'une âme tourmentée.

EXTRAIT

« Plus de rivalités, de contradictions, de désaccord : la Beauté faisait régner l’harmonie entre les parties différentes - et de quelle façon souveraine! Comme un livre sacré où, avec la dernière minutie, sur le papier bleu foncé, chaque caractère fut calligraphié à l'enduit de poudre d’or, ainsi cela avait été construit avec de la poudre d'or sur le fond de l'immense ténèbre.
Je ne savais toutefois pas encore si la Beauté se confondait avec le Pavillon d'or lui-même, ou si elle était consubstantielle au néant de la nuit qui enveloppait le Pavillon d’or. Peut-être était-elle les deux ensemble. A la fois détail et totalité. Temple d'or et nuit enveloppante. »


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MessageSujet: Re: YUKIO MISHIMA   Mar 1 Juil - 15:52

Ce qu'il faut savoir de l'auteur


  Il commence alors une brillante et prolifique carrière d'auteur. On peut citer ses romans Amours interdites (1951), paru l'année de son premier voyage en Occident, Le Tumulte des flots (1954), Le Pavillon d'or (1956) ou Après le banquet (1960). Il écrit également des récits populaires pour s’assurer le confort matériel, des pièces de théâtre kabuki pour la compagnie théâtrale le Bungaku-za ainsi que des recueils de nouvelles et des essais littéraires.
Il obtient une renommée internationale, notamment en Europe et aux États-Unis. Il voyage beaucoup et est pressenti trois fois pour leprix Nobel de littérature. Celui-ci revient à son ami Yasunari Kawabata et Mishima comprend que les chances pour qu'un autre auteur japonais le remporte prochainement sont faibles. Il semblerait aussi qu'il ait volontairement laissé le prix à Kawabata par respect pour l'homme qui l'avait introduit dans les cercles littéraires de Tokyo.
Il rédige de 1965 jusqu’à sa mort en 1970 l'œuvre qu’il considérera comme la plus importante, un cycle de quatre romans intitulé La Mer de la fertilité (Neige de printempsChevaux échappésLe Temple de l'aubeL'Ange en décomposition).
Vie privée
Après Confession d'un masque, Mishima essaie de s’échapper de son personnage fragile en s’astreignant à des exercices physiques. En 1955, il a un corps d’athlète qu’il entretiendra jusqu’à la fin de sa vie et il devient un expert en kendo.
Mishima fréquente les bars homosexuels en observateur et aurait quelques liaisons avec des étrangers de passage au Japon, avec des Français à Paris, etc. Après avoir envisagé une alliance avec Shoda Michiko, qui devient par la suite la femme de l'Empereur du Japon Akihito, il se marie en 1958 avec Yoko Sugiyama. Il aura avec elle deux enfants. Cette vie apparemment rangée traduit surtout la volonté de l'écrivain de satisfaire le désir de sa mère.
L'homosexualité de Mishima apparaît dans ses romans, dans ses essais (par exemple dans La mort de Radiguet, traduit en français en 2012) et elle est attestée par maints témoignages. Au Japon, ce thème est très difficile à aborder. En 1995, la famille de Mishima a intenté un procès au romancier Jiro Fukushima, qui venait de publier un livre sur sa liaison avec l'écrivain, assorti de lettres. Avant d'être interdit, ce livre fut vendu à plus de 90 000 exemplaires. Certains auteurs japonais n'hésitent pas à nier la réalité de l'homosexualité de Mishima, secret de polichinelle au Japon. Mais en Occident, cette tentative d'occultation se retrouve par d'autres biais. Dans son film Mishima, Paul Schrader n'accorde qu'un plan assez rapide au thème de l'homosexualité, qui est pourtant le thème central de Confession d'un masque. La biographie de Mishima par Henry Scott-Stokes, ouvrage de référence, accorde en revanche à cet aspect une attention soutenue. Le biographe rappelle notamment qu'en 1970, au moment de la mort de Mishima, de nombreux journalistes et certains hommes politiques ont vu dans cet acte un shinju, un suicide à deux, manière d'authentifier l'amour que Mishima et Morita se seraient porté. Au reste, les photos d'art où Mishima exhibe son corps relèvent d'une esthétique homosexuelle d'avant-garde, au point de devenir par la suite de véritables icône

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MessageSujet: Re: YUKIO MISHIMA   Mer 2 Juil - 9:44

Un très brillant écrivain Sapho ! On aime ou on déteste je pense ! Pour ma part, il reste un de mes préférés ! Smile 

J'ai lu et apprécié  "Le pavillon d'or".  Concernant  "confession d'un masque", roman intimiste autobiographique, construit sur un thème celui de l'homosexualité refoulé, j'en ai également apprécié l'intelligente écriture et le plaidoyer pour le droit à la différence.

J'ai également lu de Marguerite Yourcenar "Mishima ou la vision du vide"dont voici le résumé.

Résumé :


"Le 24 novembre 1970, Mishima prépare avec un soin minutieux sa mort. Il est âgé de quarante-cinq ans. Son oeuvre est ample. Il connaît la gloire mondiale. Il veut que son suicide obéisse en tous points aux rigueurs du rite exigé depuis des siècles par la tradition de son pays, le milieu dans lequel il a choisi de vivre religieusement, socialement, littérairement, politiquement: il s'ouvre le ventre avant de se faire décapiter par la main d'un ami. Mort à la fois terrible et exemplaire parce qu'elle est en quelque sorte le moyen de rejoindre en profondeur le vide métaphysique dont le romancier poète japonais subit la fascination depuis sa jeunesse.
Marguerite Yourcenar met toute l'acuité de son intelligence au service d'une telle aventure humaine dont elle pressent à la fois la proximité et l'étrangeté. Son analyse s'articule sur quelques moments de la vie et de l’œuvre: l'arrière-plan de la vie et Confession d'un masque; les premiers livres qui suivent; La mer de la fertilité; les années de désarroi amenant Mishima à « reforger » son corps; Le soleil et l'acier; l'arrière-plan politique, l'action et l'obsession du seppuku ; la mort.

Ainsi, dans un modèle d'étude critique, un grand écrivain d'Occident démonte les mécanismes de la psychologie d'un grand écrivain d'Orient, mettant au jour les ambitions, les triomphes, les faiblesses, les désastres intérieurs et finalement le courage."


L'Empereur... Tenno heïka Banzaï! (Longue vie à l'Empereur!) sera le dernier cri de Mishima mourant et du compagnon qui mourut avec lui. Il lui importe peu qu'Hirohito, fidèle en cela au rôle auquel le restreignent les circonstances, soit un chef d'assez médiocre envergure (encore qu'il ait pris au cours de son règne, poussé peut-être par son entourage, deux décisions que Mishima ne pouvait que désapprouver, l'écrasement du coup d'état militaire de 1936 et la renonciation à son rang de divinité solaire).

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Sapho

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MessageSujet: Re: YUKIO MISHIMA   Mer 2 Juil - 11:58

Très heureuse de ton intervention mon ARUN  I love you  I love you  I love you 

 J'ai commencé à lire les oeuvres de MISHIMA il y a 46 ans, la veille de mon mariage. Je traversais une période d'indicible loyauté et j'ai trouvé en lui ce que je cherchais pour moi-même.

  Je n'ai pas lu le livre de Marguerite Yourcenar mais maintenant que tu en parles je me rappelle en avoir beaucoup entendu parler.

  Je vais me le procurer au plus vite car il m'intéresse très fort   study  study 

  Merci mon ARUN de me l'avoir rappelé  

   menina  menina  menina
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