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 Philippe VILAIN

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rotko



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MessageSujet: Philippe VILAIN    Lun 18 Aoû - 16:04

Philippe Vilain, pas son genre
Une chronique subtile et cruelle.

Je suis enchanté de cette lecture, de l’arrière-plan proustien d’"un amour de Swann" annoncé par le titre, de l’analyse méticuleuse et acérée des comportements amoureux, de l’attention à la précision du langage.

Les dialogues cocasses entre deux personnes de cultures très différentes, l’agrégé et la petite coiffeuse, passent de l’humour malicieux à la situation pénible qui crée la tension entre deux êtres : ils s’exposent tour à tour à des traits cruels.

Accusera-t-on notre philosophe d’être condescendant, voire méprisant ? 

L’intérêt qu’il porte à la relation, et la dissection clinique de ses motivations, montrent à quel point ce récit le touche à vif. Il glisse d’ailleurs entre les pages une petite note sur " le diable au corps", où il défend un certain François - son propre prénom, narrateur comme lui d’une aventure mal maîtrisée.

Le lecteur lit par-dessus son épaule de narrateur, il le prend plusieurs fois en flagrant délit de mauvaises interprétations ou d’ingénuité comique.

J’apprécie donc cet auteur 

- qui manie l’analyse morale avec une grande exactitude

« Étrangement, rien ne nous éloigne plus que de sentir nos proches heureux lorsque nous ne sommes pas la cause de leur bonheur : alors nous déplorons de ne pas partager avec eux ce bonheur que nous avons échoué à leur offrir, et nous n’admettons ni qu’ils l’aient trouvé seuls, ni qu’ils se satisfassent d’en profiter sans nous. Nous nous sentons trahis »

- qui tient des propos lucides et amers sur les classes sociales

« Les Économique et social (ES) et les Techniques (STG) : les premiers ne travaillaient pas la philosophie les seconds la travaillaient trop studieusement ; les premiers arrogants petits-bourgeois, méprisaient les seconds, enfants des classes laborieuses, qu’ils exploiteraient plus tard, et considéraient que la philosophie ne leur serait d’aucune utilités pour intégrer une école de commerce ; les seconds, sages et appliqués, s’étaient convaincus depuis des générations d e prolétariat de leur infériorité sur les premiers et que la philosophie ne leur permettrait pas de restaurer ce sentiment. Sans doute l’arrogance est-elle plus ridicule encore lorsqu’elle ne naît pas d’un talent, mais d’un simple appartenance sociale, ici la petite bourgeoise de commerçants et d’entrepreneurs, Breitling menottée au poignet, inculte mais conscient de ses privilèges..
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rotko



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MessageSujet: Re: Philippe VILAIN    Lun 18 Aoû - 16:06

je n'ai pas vu le film tiré de ce récit, mais  j'ai lu Vilain Philippe, confessions d’un timide, Grasset 191 p. j'en parlerai plus tard... bonjour à vous !
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Arundathi



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MessageSujet: Re: Philippe VILAIN    Lun 18 Aoû - 16:34

Merci Rotko, je découvre  ! Je note !  Smile
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rotko



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MessageSujet: Re: Philippe VILAIN    Lun 18 Aoû - 17:24

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Arundathi



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MessageSujet: Re: Philippe VILAIN    Lun 18 Aoû - 17:27

Je re note ! Merci rotko ! Smile
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le lémurien

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MessageSujet: Re: Philippe VILAIN    Lun 18 Aoû - 17:29

je lirai donc ce livre quand je trouverai le temps ....

Rotko a écrit:
J’apprécie donc cet auteur 

- qui manie l’analyse morale avec une grande exactitude

tu es bien sûr de toi, je trouve !
l'analyse morale peut en elle-même, comporter des inexactitudes, non ? analyser, c'est décortiquer. Sur quelle base se fonde cet auteur ? il semble connaître l'un des milieux décrit, mais l'autre milieu, en est-il sorti ? l'a-t-il approché suffisamment pour approfondir les choses ?
bon ! tu vas me dire que je ne l'ai pas lu et que l'on pourra en parler quand ce sera fait. Méééééééééé ........ 
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rotko



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MessageSujet: Re: Philippe VILAIN    Mar 19 Aoû - 19:52

l'expression "analyse morale" était sans doute impropre, bien qu'éclairée par la citation. Analyse psychologique et réflexion morale, je retrouve chez Vilain la subtilité proustienne, l'art de sonder les âmes et de toucher juste.
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le lémurien

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MessageSujet: Re: Philippe VILAIN    Mar 19 Aoû - 21:10

tu me donnes vraiment envie de le lire.
bonne soirée, ami.
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MessageSujet: Re: Philippe VILAIN    Mar 19 Aoû - 21:18

« Étrangement, rien ne nous éloigne plus que de sentir nos proches heureux lorsque nous ne sommes pas la cause de leur bonheur : alors nous déplorons de ne pas partager avec eux ce bonheur que nous avons échoué à leur offrir, et nous n’admettons ni qu’ils l’aient trouvé seuls, ni qu’ils se satisfassent d’en profiter sans nous. Nous nous sentons trahis »

je ne suis pas du tout d'accord avec cette citation. Il affirme ! comme si tout un chacun était ainsi. Il y a des gens qui sont heureux du bonheur des autres, même s'ils ne sont pas à l'origine de ce bonheur. J'en suis aussi sûre que lui de ce qu'il affirme.
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MessageSujet: Re: Philippe VILAIN    Jeu 21 Aoû - 15:39

Vilain Philippe, confessions d’un timide, Grasset 191 p.

La timidité rebute, croirait-on, si on en juge par les rares occasions d’études dans le domaine littéraire, ou philosophique. Pourtant, le silence qui entoure le timide et la timidité méritait bien d’être exploré par l’auteur : il connaît bien son sujet, ses conduites paradoxales, ses impasses et ses ouvertures.

Il en mentionne l’origine, « dans une honte d’enfance », il en décrit les symptômes et les comportements imprévisibles dans son propre vécu, et il en tire bénéfice dans l’analyse du cœur humain, et tout spécialement dans la relation aux femmes.

C’est sur ce terrain qu’il me semble le plus convaincant, invitant le lecteur à bien comprendre des attitudes au premier abord surprenantes.

Avec  Philippe Vilain, on fait un tour en littérature, comme dans la société, passant de  La Bruyère à Proust et Modiano,  fréquentant Dostoïevski et Sartre, sans  s’attarder sur Rousseau qui aurait mérité, je crois, un regard plus attentif.

Sur le terrain philosophique, la comparaison de la timidité avec la crainte, la honte, ou la pudeur, des cousines plus ou moins germaines, donne lieu à des analyses intéressantes, parfois byzantines. On avance à tâtons, sans rien brusquer, au risque de redites ponctuelles.

Plus que ces aperçus théoriques, les confidences personnelles -« la confession » selon le titre, permettent de bien cerner le phénomène, et loin de faire la timidité un obstacle insurmontable,  en soulignent les ressources : le recours à de nouvelles expressions, artistiques ou mimétiques. de l’écriture aux métiers de représentation.

En cela, l’ouvrage motive et stimule, il séduit aussi par la qualité des analyses  qu’on retrouve dans « pas son genre », récit d’inspiration  proustienne. On apprécie enfin ce qui est dit avec tact et discrétion, comme en filigrane.

Que mon passé explique pourquoi j’ai été timide ne justifie pas que je le sois demeuré, ni que je conserve après autant d’années le sentiment qui l’a fait naître, celui d’être « inférieur  »


[…] 


il ne s’agit pas d’une infériorité réelle mais d’un sentiment d’infériorité - ou si l’on préfère d’un complexe- que je me suis fabriqué tout seul, et qui dans mon cas, n’est ni physique ni intellectuel; […]


Me concernant les humiliations causées par  **** ont provoqué un sentiment d’infériorité sociale durable et accablant. Tout mon être s’en est trouvé dévalué .
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le lémurien

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MessageSujet: Re: Philippe VILAIN    Jeu 21 Aoû - 18:27

oui, je vais le lire. Tu es toujours aussi convaincant, ton Excellence ! flower
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Sapho

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MessageSujet: Re: Philippe VILAIN    Jeu 21 Aoû - 19:19

RESUME DU LIVRE proposé par Rotko : PAS SON GENRE




  
Pas son genre, de Philippe Vilain
Fiction - 10/06/2011 (504 mots)




Qu’a-t-on en tête, au juste, quand on dit d’un partenaire possible qu’il n’est «pas son genre»: ne peut-on donc aimer que des gens qui nous ressemblent, issus du même milieu, dotés de la même culture ? C’est la question que pose Philippe Vilain dans ce beau roman sur une histoire d’amour impossible. Le narrateur, François Clément, est un intellectuel célibataire, prof de philo dans le secondaire, expédié par le ministère dans un lycée d’Arras, à deux cents kilomètres de Paris. Pour lui, pur Parisien, c’est une punition. « Arras, capitale de l’agroalimentaire ; un nom que j’avais déjà remarqué sur les cartes de chemins de fer, et qui m’évoquait le labeur des journées harassantes, le harassement des heures qui s’enlisent. L’évocation d’Arras m’épuisait d’avance. »
Logé dans un petit hôtel, il rassemble ses cours sur deux jours pour passer le moins de temps possible dans cette province où il s’ennuie et dont il regarde les habitants avec un mélange d’indifférence et de vague mépris. Mais son dépaysement va avoir un effet secondaire inattendu : privé de ses repères, coupé de ses relations parisiennes, il se laisse séduire par Jennifer, une jeune femme dont tout l’éloigne - elle est coiffeuse, mère célibataire, juste instruite, dépourvue de culture, naïve, vulgaire, charmante et quelconque. À Paris, il ne l’aurait même pas regardée ; là-bas, à Arras, il s’attache à elle avec un mélange d’amour et d’embarras, honteux lorsqu’elle arbore une robe décolletée et un rouge à lèvres criard, perplexe quant à l’authenticité de leur relation, évidemment aberrante. « Bien souvent, je n’avais rien à lui dire. La philosophie nourrissait mon existence quand les magazines people dévoraient la sienne. Son avenir dépendait de l’horoscope, le mien de l’étude. Son manque d’instruction, ses lacunes intellectuelles, sa culture plaquée rendaient impossible pour moi de l’admirer, sans doute de l’aimer tout à fait, je veux dire, sans la mépriser. » Et pourtant, lui qui, du haut de sa situation, croit diriger leur histoire et dominer la brave Jennifer, va se laisser piéger par ses sentiments, et paiera cher son orgueil...
Le thème des barrières sociales et des amours improbables a beaucoup servi, mais Philippe Vilain en tire un roman subtil et profond, où la narration à la première personne permet de décrire tous les tourments de François, sa morgue d’intellectuel cultivé avec une satire douce-amère du milieu universitaire et du « ridicule de l’érudition jargonneuse » et son déchirement - Paris ou Arras, l’élite ou le peuple, l’amour en se déclassant ou la réputation au risque de perdre l’amour. Quelques coquilles mises à part Jennifer Dumont devient Jennifer Durand dans une même page, les universitaires en colloque sont « juges et partis », etc., il faut saluer la beauté mélancolique et émouvante de ce livre dont la morale, s’il y en a une, est peut-être dans l’exergue de Pavese choisie par Philippe Vilain : « Souffrir est une bêtise. »



MERCI ROTKO POUR TES APPRECIATIONS.


Je n'ai lu qu'un seul livre de cet auteur : LA FEMME INFIDELE et je n'ai pas beaucoup aimé son style d'écriture.


 study  study  study 
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MessageSujet: Re: Philippe VILAIN    Lun 27 Oct - 18:27

Allo .... Rotko ?
j'ai trouvé "pas son genre" de Philippe Vilain, chuis bien contente !
bonne soirée à toi !
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MessageSujet: Re: Philippe VILAIN    Jeu 13 Nov - 17:23

damned ! où ai-je mis mon commentaire sur "Pas son genre" de Philippe Vilain ? je suis sûre de l'avoir écrit !
où est-il ?
(ma pauvre Ysandre, tu as du l'écrire dans ta tête ! ce n'est pas là qu'il fallait le mettre, il y a un tel bazar, la dedans !! affraid ) scratch
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