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 Auteurs belges : Michel De GHELDERODE

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Sapho

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Localisation : BRABANT WALLON-BELGIQUE
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MessageSujet: Auteurs belges : Michel De GHELDERODE   Ven 5 Sep - 15:04

Michel de Ghelderode, pseudonyme d'Adémar Adolphe Louis Martens, est un auteur dramatique, chroniqueur et épistolier belge d'origine flamande et d'expression française. Il est né à Ixelles le 3 avril 1898 et mort à Schaerbeek le 1er avril 1962. Il a habité 71 rue Lefrancq à Bruxelles. Il est enterré au cimetière de Laeken.
Auteur prolifique, il a écrit plus de soixante pièces de théâtre, une centaine de contes, de nombreux articles sur l'art et le folklore.
Bien que né dans une famille flamande de Bruxelles, le jeune Adémar fait toutes ses études en français, dans un but de promotion sociale. De son père, employé aux Archives du royaume, il hérite du goût pour l'histoire, en particulier pour les époques du Moyen Âge, de la Renaissance et de l'Inquisition.
Citation :
« Je me sens vraiment le contemporain de ces gens du Moyen Âge ou de la pré-Renaissance. Je sais d’eux comment ils vivent et connais chacune de leurs occupations. Je suis familier de leur cerveau et de leur cœur comme de leur logis et de leur boutique. »
De sa mère, il retient les légendes et histoires des petites gens racontées au coin du feu.
Élevé dans un collège catholique de Bruxelles, l'Institut Saint-Louis, il vit dans une ambiance religieuse qui le terrifie et, lorsqu'il perd la foi à l'adolescence, il continue à croire aux puissances du mal.
Il écrit :
Citation :
« On m'a trop menacé naguère, mes parents et les prêtres, et ma vie s'est édifiée sur la peur […] Le prêtre clamait dans l'oratoire où l'on nous rassemblait le soir, pareils à des coupables. Et nous baissions le front. Un vent glacial nous frôlait la nuque et nous redoutions que la porte s'ouvrît et que quelqu'un d'invisible vînt appréhender l'un de nous. »


C'est en 1931 qu'il abandonne définitivement son nom d'Adémar Adolphe Louis Martens pour devenir officiellement Michel de Ghelderode.
Ses premières pièces, écrites en français, sont jouées tout d'abord en traduction flamande par le Vlaamsche Volkstooneel, une compagnie à la fois populaire et d'avant-garde, avant qu'elles ne connaissent après la guerre un succès tel à Paris qu'on parle de Ghelderodite aiguë. Elles seront ensuite supplantées par celles de Beckett ou de Ionesco.

Mais Ghelderode sera joué un peu partout dans le monde : Bruxelles, Rome, Milan, Amsterdam, La Haye, Dublin, Cracovie, en Allemagne, Autriche, Angleterre,Espagne, Norvège, Danemark, Pologne, comme sur d'autres continents, à New York, Chicago, Buenos Aires, Rio de Janeiro, Bogota, Montréal, Tel Aviv, et aussi au Japon.

Ghelderode situe son théâtre dans les traditions théâtrales hispaniques et anglo-saxonnes des époques de la pré-Renaissance et de la Renaissance ; il insiste sur la rupture qu’il tient à marquer avec le théâtre français classique ou contemporain.

En juillet 1951, à Ostende, il enregistre une série d'entretiens pour le Club d'essai de la Radiodiffusion télévision française. Constituant une source de première importance pour la connaissance de l'auteur et de son œuvre, ils sont publiés en 1956 sous le titre Les Entretiens d'Ostende.



LIVRE LU : ESCURIAL




  1. Cette obscure clarté qui tombe des étoiles…



 
Un roi et son bouffon. La reine ? Elle agonise, pendant que les chiens hurlent et que les cloches sonnent. Jetés sur scène comme dans une arène, les deux côtés d’un même miroir se jaugent, se connaissent tant qu’ils s’aiment autant qu’ils se détestent. Le monde est un jeu. Un jeu cruel, certes, mais réversible. Et lorsque les rôles s’inversent, c’est la vérité qui sourd. Carnavalesqueshakespearien, les adjectifs ne manquent pas pour qualifier cette œuvre majeure de Ghelderode. Un bijou baroque, au sens noble du terme. Un clair obscur où le langage est roi. Celui de Ghelderode est une musique. Dissonante, certes, irrégulière, mais majestueuse car elle nous fait toucher au-delà du visible. Elle nous porte, dans ses écarts, à travers ses silences, dans le monde intérieur de ces personnages, qui s’ouvrent devant nous cruellement, sans que nous comprenions tout à fait que ce jeu est en fait la réalité.
 

Dans son austère palais de l’Escurial, Philippe II ne peut que constater à quel point son royaume, bâti sur du sang, s’est affaibli. Le fils de Charles Quint, du haut de son trône, n’est-il pas devenu une vulgaire marionnette ? Un pantin qui prend conscience de ce qu’il est, c'est-à-dire rien, et qui ne trouve qu’une seule issue : l’absurde. Si la vie est absurde, autant jouer son rôle jusqu’au bout. Ce qui n’exclut pas la souffrance, bien au contraire. Ce roi, qui n’est jamais nommé, qui peut être lui-même tout aussi bien qu’un autre, est un désespéré. Vaincu d’avance, il se complaît à torturer son bouffon – et par effet de miroir, lui-même. Il fait mal et se fait mal. Face à cette angoisse irrévocable, face à la mort, implacable, qui rôde, fait sonner les cloches et hurler les chiens, une seule issue se profile : le rire. En ce sens, l’histoire dépasse l’Histoire et nous livre un portrait grinçant de la nature humaine. Le roi, Folial ne seraient-ils pas des reflets de nos propres angoisses, l’expression scénique du tragique de la nature humaine ?
 
 
 

« La fonction de ce comique, de ce rire, est essentielle : il s’agit pour le dramaturge d’exorciser une angoisse profonde ; ce qu’il raille […] c’est le tragique même de l’existence ; d’où les étranges dissonances de ce rire, les grincements de ce comique, et parfois la violence de cette gaieté. »

Le rire de Michel de Ghelderode, Jacqueline Blancart-Cassou









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le lémurien

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MessageSujet: Re: Auteurs belges : Michel De GHELDERODE   Ven 5 Sep - 21:18

merci ma Sapho, je ne connaissais pas. A une époque j'ai lu beaucoup de romans historiques, de biographies de personnages célèbres (Ambroise Paré, Henri IV), beaucoup sur les bâtisseurs de cathédrales, et puis je suis passée à autre chose. Il faudra que je m'y remette !
bonne soirée ma douce. menina
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