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 Jacques A. BERTRAND

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Nicamic

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MessageSujet: Jacques A. BERTRAND   Mar 16 Sep - 17:46

Un auteur que vous ne connaissez peut-être pas encore. Je l’ai découvert par hasard à la bibliothèque et je suis séduite, il est certain que je chercherai à lire ses ouvrages précédents puisque celui dont je vous parlerai est le dernier paru.
 
Quelques mots sur l’auteur :
Jacques André Bertrand est né en 1946 à Annonay dans l’Ardèche. À  dix ans et demi, il découvrit qu'il pouvait toucher et faire rire son entourage en racontant sur un cahier d'écolier l'opération qu'il venait de subir au genou, il décida alors de devenir poète, "nouvelliste, romancier, chroniqueur - écrivain en tout cas" .
Diplômé de l’Ecole Supérieure de journalisme de Lille, il s’est plus tard initié aux civilisations japonaises et mongoles à l’Institut des langues orientales.
Il fut journaliste de 1969 à 1983 à Télérama, au Nouvel Observateur, à Paris Hebdo, au Monde de la musique…
À partir de 1983, il s’est consacré à la littérature, alternant recueils de nouvelles, chroniques d’humeur et d’humour et romans. Je voudrais parler au directeur - roman (B. Barrault: 1990).
Higelin, Higelin - récit-portrait (B. Barrault: 1991).
Le pas du loup - roman (Julliard). Prix de Flore 95.
Derniers camps de base avant les sommets (Julliard 2002)
Les autres, c'est rien que des sales types (Julliard, 2009) Grand Prix de l’humour noir.
Il a aussi écrit pour la télévision.
 
Comment j'ai mangé mon estomac (Julliard, 2014)
4e de couverture :
« Je n'avais jamais pu tout à fait me résoudre à considérer que mon corps m'appartenait en main propre, si j'ose dire. L'estomac, surtout, que j'avais tendance à sous-estimer. J'étais contrarié d'avoir à le transporter toujours avec moi. Je redoutais qu'il finisse par prendre trop de place dans ma vie. J'avais été alarmé le jour où un radiologue avec qui j'avais rendez-vous avait demandé à sa secrétaire: "L'estomac est arrivé?" ».

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"Ne te courbe que pour aimer." René Char
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Nicamic

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MessageSujet: Re: Jacques A. BERTRAND   Mar 16 Sep - 18:27

Comment j'ai mangé mon estomac
Mon point de vue :
Ce livre très court (111 pages) est qualifié de « roman ». C’est en réalité un récit autobiographique dans lequel l’auteur raconte sur le mode ironique ou humoristique sa propre expérience vécue du cancer. Un livre drôle donc, malgré le sujet ! On devine les moments de détresse, de peur, de découragement mais il n’en est jamais expressément question ; avec infiniment d’élégance, l’auteur évite le pathos et nous livre une suite d’anecdotes souvent savoureuses sur l’hôpital, la fréquentation des médecins, les interminables attentes dans les salles bien nommées. Il y est aussi question d’amour, celui qu’il porte à sa femme, Héloïse, mais avec discrétion et un rien d’humour décalé quand il répond par exemple à une brave dame qui lui souligne l’importance de l’entourage quand on est malade :

Citation :
Ma femme et moi avons la chance d’avoir un cancer en même temps.


Il s’étend d’ailleurs peu sur le cancer du sein de sa femme car la maladie reste une affaire individuelle impossible à vivre à deux :

Citation :
Le soir où Héloïse a fait le mur du Pavillon pour me retrouver dans ma chambre après vingt et une heures, je me suis senti terriblement malheureux. C’était méritoire d’avoir bravé le corps de garde et joué les filles de l’air pour me rejoindre en prison. Mais j’ai dû lui avouer que je me sentais encore plus mal en sa présence.

J.A. Bertrand est un virtuose de la langue, il a une verve remarquable, un sens de la formule qui fait mouche et une capacité à prendre ses distances avec lui-même qui parfois sidère.
Nous suivons son double (le héros s’appelle Anathole Berthaud) dans son parcours de soins, chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie… et, comme autant de pauses pour respirer, le lecteur découvre quelques réflexions sur la société du genre :
Citation :
Les gens n'aiment pas trop que vous soyez malade. Ils sont bien assez malades eux-mêmes – et, s'ils ne le sont pas, ils ne vont pas tarder à l'être. Ils sont également accablés de soucis divers et d'abord du souci des soucis prévisibles.
Dans ce sens, quand la Maladie se déclare, c'est un souci en moins.

...ou encore des digressions à caractère quasi philosophique mais toujours sur le même ton ironique et léger. Je recommande particulièrement les pages consacrées à la bêtise humaine, un vrai régal ! Petit échantillon :
Citation :
S'il y a une maladie plus répandue sur toute la planète que la peste, le choléra, la fièvre jaune, la malaria et le sida réunis, c'est bien la bêtise. On désespère d'en découvrir un jour un vaccin. Par ailleurs, on peut parier qu'elle ne sera jamais interdite.

Citation :
Bêtise: si vous prenez les autres pour des cons et qu'ils s'en aperçoivent, c'est qu'ils ne sont pas aussi cons que vous le pensez, et que vous l'êtes peut-être davantage que vous ne le croyez.


Un livre étonnant, vraiment ! Je le recommande aux malades et aux bien-portants ! Laughing

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