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 Anne PERCIN

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le lémurien

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MessageSujet: Anne PERCIN   Sam 4 Avr - 18:44

Je l'ai trouvé par hasard à la bibliothèque, et c'est son titre qui m'a accroché : "Les Singuliers". Parce qu'on me dit parfois "singulière" et pas dans le moule. J'ai eu du mal, mais j'assume !
Voilà ce qu'on en dit dans la presse lorsqu'il paru.
                                                                                          

L'art du croquis se complait aussi fort bien dans la pratique épistolaire, c'est même l'une de ses caractéristiques propres, puisqu'une lettre doit être la plus synthétique possible : on croque donc, caricature ou résumé, fronde ou sottie, pour tenter de souligner l'essentiel. La lecture des correspondances des Illustres n'est d'ailleurs pas toujours une sinécure, c'est même parfois tout le contraire. Il y a donc un défi à oser construire son roman sous cette forme, une singularité qui peut sembler désuète à l'ère numérique du courriel ou du texto. Or, n'en déplaise aux geeks, le monde a toujours eu recours au courrier, à la chose écrite sur papier pour dire l'essentiel, l'indispensable, l'incroyable... C'est donc bien un roman tourbillonnant que l'on tient entre ses mains, un grand moment d'histoire de l'Art aussi, et un pur plaisir de lecture tant il permet le décalage entre les situations et les narrateurs, imposant cette lenteur d'alors si prompte à la réflexion, ce temps lent oublié qui nous faire dire – et faire – aujourd'hui tant de sottises.
 
C'est durant l'été 1888 que tout débute: Hugo Boch débarque à Pont-Aven avec des rêves plein les mirettes. Pensez-donc, le voilà enfin libre, ayant fui le carcan bourgeois de la famille qui, à Bruxelles, n'a de cesse de tenter de lui imposer l'obligation d'un mariage de raison voire d'une succession dans l'empire Villeroy & Boch, autant dire un cauchemar vivant pour un aspirant peintre. Fils de famille, le jeune Hugo va, un temps, profiter des largesses financières de sa famille pour fréquenter les Beaux-Arts puis prendre une chambre à la pension Gloanec dans ce petit village du Finistère où un certain Gauguin a aussi pris ses quartiers. Chef de meute, le trublion autodidacte est fort en gueule mais possède un grand cœur. Hugo est vite accepté dans la bande, laquelle est également en rapport avec un certain VanGogh, nom imprononçable qui fait rire les marins, réfugié dans le Sud et qui correspond avec Gauguin. Tous deux étant persuadés de leur génie et refusant l'académisme imposé par les salons de l'époque.
 
Hugo devra s'émanciper car les vivres sont coupés quand il ose affronter le paternel coincé dans sa suffisance d’industriel. Forcé de quitter Pont-Aven pour Le Pouldu et la pension de Marie Henry (devenue célèbre pour son procès gagné contre Gauguin qui voulait récupérer les toiles laissées lors de son départ pour Tahiti), il abandonnera progressivement le dessin pour la photographie qui en est à ses tout débuts, devenant petit à petit le photographe officiel des familles... endeuillées. Sa cousine Hazel, depuis Paris, et son meilleur ami Tobias, resté en Belgique, lui donneront au fil du temps les nouvelles du monde, de la tour Eiffel en gestation au  Salon des Indépendants ou celui des Vingt...
 
C'est en mêlant subtilement des figures historiques à ses trois personnages fictifs, qu'Anne Percin parvient si magnifiquement à nouer son intrigue, car ce sont bien les petites histoires qui font les grandes : de la brouille de Gauguin et Van Gogh, à la grossesse cachée de Marie (dont Meyer De Haan n'en saura jamais rien), des luttes intestines entre Naturalistes, Impressionnistes, Symbolistes, Pointillistes et autres Synthétistes à la présence en filigrane de Signac, Toulouse-Lautrec, Sisley, Cézanne, Odilon Redon, James Ensor et tant d'autres, de Gauguin lisant en cachette Pierre Loti à la pratique de la musique… qui "est une grande joie pour un peintre" car "c'est une diversion, une manière d'exprimer le fond de son âme d'une autre manière, de déverser le trop plein qui ne rentre pas dans l'espace des toiles." Et ce ne sont pas mes samedis après-midi titanesques à la basse, en duo avec Baltzar, qui le démentiront... (copié sur Babelio).
 
Roman singulier, oui, s'il en est un en cette rentrée 2014, que cette correspondance qui (dé)peint à merveille le basculement que fut, pour l'Art, la fin du XIXe siècle. Les canons seront rejetés puis abolis par l'intervention sans compromis de génies tels Gauguin et Van Gogh. Parfaitement maîtrisé de bout en bout, ce roman d'une grande intelligence porte en lui quelques divines surprises...    

Je vais donc le lire et donnerai mes impressions.
Eux avaient la singularité du génie, moi, je n'ai que qu'une simple "différence", mais ça me suffit, hélas ! à ma toute petite échelle, je sais combien ça déplait, parfois, d'être un peu différent.


Dernière édition par le lémurien le Jeu 23 Avr - 14:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Anne PERCIN   Lun 6 Avr - 7:49

Anne Percin
Nationalité : France
Né(e) à : Epinal, Vosges , le 11/1970
Biographie :

Anne Percin est titulaire d'un master de Littérature comparée (consacré au mouvement Dada), et enseignante en Lettres.

Elle a publié son premier roman en 2006 et poursuit son métier de professeur en parallèle.

Après des années dans la banlieue de Strasbourg puis de Paris, elle choisit de vivre désormais dans un village du sud de la Bourgogne, où elle enseigne et partage sa vie avec un artiste contemporain et leur enfant.

Ses romans pour la jeunesse (principalement pour grands adolescents) développent les thèmes de la solitude, de la différence et de l'exclusion. L'amour, l'espoir et la dérision n'en sont jamais loin. Opposée à tout étiquetage, elle ne se définit pas comme auteur pour la jeunesse, et cherche à établir des passerelles entre les classifications de genre.
Copié sur Babelio
On peut y écouter les premières pages "des Singuliers" lues par Anne Percin elle-même.

_________________


ne dit rien/n'ose pas /de peur/de faire mal
et la mer/se couche à ses pieds
comme une bête aimable.
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le lémurien

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MessageSujet: Re: Anne PERCIN   Lun 6 Avr - 9:12

merci ma Suzanne, j'aurais du le mettre aussi puisque je l'avais lu sur Babelio ! flower tu veilles à tout alegre
je ne l'ai pas encore commencé, je finis un polar italien très lent dans le développement de l'action mais très bien écrit  de Dona Léon,et qui me donne des informations sur la pollution à Venise et bien sûr, la corruption générale en Italie.
J'en parlerai, j'ouvrirai un fil.
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