La Clef des Champs

La Clef des Champs

Forum d'amitié
 
AccueilPortailFAQRechercherS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Boualem SANSAL

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Sapho

avatar

Féminin
Nombre de messages : 8371
Localisation : BRABANT WALLON-BELGIQUE
Date d'inscription : 14/03/2014

MessageSujet: Boualem SANSAL   Dim 17 Jan - 16:17



  BIOGRAPHIE


  

Boualem Sansal vit à Boumerdès, près d'Alger. Il a fait des études d'ingénieur et un doctorat en économie.

Il était haut fonctionnaire au ministère de l'Industrie algérien jusqu'en 2003. Il a été limogé en raison de ses écrits et de ses prises de position. 

Son premier roman,"Le serment des barbares", a reçu le prix du premier Roman et le prix Tropiques 1999.

Son livre Poste restante, une lettre ouverte à ses compatriotes, est resté censuré dans son pays. Après la sortie de ce pamphlet, il est menacé et insulté mais décide de rester en Algérie. 

Un autre de ses ouvrages, Petit éloge de la mémoire est un récit épique de l'épopée berbère. 

Boualem Sansal est lauréat du Grand Prix RTL-Lire 2008 pour son roman Le Village de l'Allemand sorti en janvier 2008.

En juin 2012, il reçoit le prix du Roman arabe pour son livre Rue Darwin, avec l'opposition des ambassadeurs arabes qui financent le prix. Le 13 juin 2013 l'Académie française lui décerne le grand prix de la Francophonie, doté de 20 000 euros. 

En novembre 2015, il reçoit le Grand Prix du roman 2015 de l'Académie française pour son livre '2084'.




LIVRE LU : 2084



L’Abistan, immense empire, tire son nom du prophète Abi, «délégué» de Yölah sur terre. Son système est fondé sur l’amnésie et la soumission au dieu unique. Toute pensée personnelle est bannie, un système de surveillance omniprésent permet de connaître les idées et les actes déviants. Officiellement, le peuple unanime vit dans le bonheur de la foi sans questions. 
Le personnage central, Ati, met en doute les certitudes imposées. Il se lance dans une enquête sur l’existence d’un peuple de renégats, qui vit dans des ghettos, sans le recours de la religion… 
Boualem Sansal s’est imposé comme une des voix majeures de la littérature contemporaine. Au fil d’un récit débridé, plein d’innocence goguenarde, d’inventions cocasses ou inquiétantes, il s’inscrit dans la filiation d’Orwell pour brocarder les dérives et l’hypocrisie du radicalisme religieux qui menace les démocraties.










MON AVIS




2084 évoque d’entrée, par son titre même, le 1984 d’Orwell. Et lui rend hommage à de nombreux niveaux, tout en l’inscrivant dans un contexte actuel différent. Ecrivain algérien francophone, Boualem Sansal n’en est pas à son premier essai. Presque systématiquement censuré en Algérie, son regard critique quant au pouvoir n’étant guère apprécié, il est pourtant reconnu et primé en Europe. Il s’attaque, avec cet ouvrage, à une critique des idéologies religieuses, des systèmes d’oppression et des postures dogmatiques qui émergent dans certaines régions du monde.
 Boualem Sansal pointe de nombreuses thématiques à la fois actuelles et perpétuelles. Il ne propose pas de réponse à ces interrogations, restant soigneusement objectif tout au long de l’ouvrage, laissant le soin au lecteur de se faire sa propre opinion quant à la destinée possible des systèmes dogmatiques. Au delà de l’Islam, Sansal met en exergue la tendance des religions à transformer, métamorphoser la « réalité » afin d’établir des bases solides pour semer une foi. Une foi, qui dans cet ouvrage, ne souffre pas l’exégèse, mais exige une dévotion sans limite.
Un seul bémol tout de même, 2084 semble prendre modèle sur des temps anciens, se référant à nos visions historiques du passé et non pas se projeter dans un futur novateur. Malgré cela, Boualem Sansal nous donne à lire un ouvrage de résistance et d’espoir quant à notre capacité à remettre en question, à élargir nos horizons et à la nécessité d’accepter l’altérité.




study study study

_________________
Nous sommes nos choix. 
            (Sartre)
Revenir en haut Aller en bas
http://laclefdeschamps.1fr1.net/f91-sapho-s-creations
melyne

avatar

Féminin
Nombre de messages : 8252
Localisation : region parisienne
Date d'inscription : 04/12/2008

MessageSujet: Re: Boualem SANSAL   Dim 17 Jan - 19:29

menina  Merci Sapho même si je ne saurais pas m'exprimer sur ce beau livre 
je lis et j'aime tout les livres que vous postez ici je pourrais le faire en espagnol lol 

en tout cas j'ai bien aime celui la j'ai un ami tres cher qu’écrit aussi sur l’Algérie 

Né à Oran dans une famille de lettrés, Hamou Belhalfaoui, conteur et poète, continue son chemin en écriture, à la recherche des contes d'autrefois et de demain, entre le sourire malicieux de Djeha et celui de Till l'Espiègle.
Il raconte aux enfants et aux Grandes Personnes les contes d'Algérie et d'ailleurs qui ont bercé son enfance

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Sapho

avatar

Féminin
Nombre de messages : 8371
Localisation : BRABANT WALLON-BELGIQUE
Date d'inscription : 14/03/2014

MessageSujet: Re: Boualem SANSAL   Dim 17 Jan - 19:33

Merci pour le renseignement Mélynette; sûrement un conteur à lire!  Merci

J'aime beaucoup les contes et légendes des autres pays ( les nôtres aussi d'ailleurs )

_________________
Nous sommes nos choix. 
            (Sartre)
Revenir en haut Aller en bas
http://laclefdeschamps.1fr1.net/f91-sapho-s-creations
Nicamic

avatar

Féminin
Nombre de messages : 10672
Localisation : Perpignan
Date d'inscription : 10/03/2014

MessageSujet: Re: Boualem SANSAL   Lun 18 Jan - 23:08

Je n'avais pas vu le fil que tu as ouvert, chère Sapho. Je suis en train de lire 2084.

Melyne, tu parles d'un auteur que je ne connais pas mais que je vais chercher à découvrir, grâce à toi : Merci

_________________
"Ne te courbe que pour aimer." René Char
Revenir en haut Aller en bas
http://www.yrle.com/nic
Nicamic

avatar

Féminin
Nombre de messages : 10672
Localisation : Perpignan
Date d'inscription : 10/03/2014

MessageSujet: Re: Boualem SANSAL   Ven 22 Jan - 22:41

2084 la fin du monde
 
Mon point de vue :

Ce roman m'a déçue, peut-être parce que j'en attendais beaucoup.
Certes il a des qualités et d'abord celle de pointer du doigt une thématique d'actualité avec l'obscurantisme qui accable une population mise en coupe réglée, un état implacable et sanguinaire qui ressemble au redoutable État islamique et à ses exactions terroristes entre autres. L'idée de l'abolition du passé, même si elle n'est pas neuve que ce soit dans la fiction ou, hélas, dans la réalité, fonctionne plutôt bien dans le roman, je pense en particulier à la destruction systématique de tout ce qui pourrait renvoyer à un éventuel passé et donc contredire la version officielle. Tout cela résonne comme une mise en garde par le biais de la fable, bien que par une sorte de pirouette préalable, l'auteur dise à ses lecteurs, dès l'avertissement : « C'est une œuvre de pure invention » et ajoute : « Dormez tranquille, bonnes gens, tout est parfaitement faux et le reste est sous contrôle. »

Mais j'ai trouvé qu'il y avait beaucoup de longueurs. C'est bien écrit. Pourtant, à plusieurs reprises, j'ai dû revenir en arrière parce que je n'y comprenais plus rien. Je comprends bien que l'auteur a voulu mettre en valeur la complexité des rouages d'une dictature religieuse efficace mais, à mon avis, l'abondance d'explications nuit à la clarté et donne un côté didactique au roman qui m'a franchement lassée.
J'ai trouvé aussi que le personnage principal, Ati, manquait vraiment de consistance. On n'arrive pas à cerner le caractère de ce petit fonctionnaire naïf, personnellement je n'ai rien éprouvé à son égard, tant il est finalement falot. Son désir de trouver « la frontière » avec un autre monde qui doit bien exister quelque part aurait pu, me semble-t-il, être mieux exploitée surtout à la fin ; car le roman s'achève plus ou moins en queue de poisson. Quant à son ami, il est encore plus difficile à saisir, je serais incapable de définir sa personnalité.

On est très loin du chef-d'œuvre 1984, un « vrai » roman qui vous trotte dans la tête, des années après que vous l'avez lu.
Sapho, tu vas peut-être me trouver sévère ! J'ai attendu quelques jours après avoir terminé le livre pour voir si quelque chose de plus positif allait surnager dans ma tête. Mais non, je crois d'ailleurs que je l'oublierai tès vite.



_________________
"Ne te courbe que pour aimer." René Char
Revenir en haut Aller en bas
http://www.yrle.com/nic
Sapho

avatar

Féminin
Nombre de messages : 8371
Localisation : BRABANT WALLON-BELGIQUE
Date d'inscription : 14/03/2014

MessageSujet: Re: Boualem SANSAL   Sam 23 Jan - 15:18

C'est sûr ma NIC que tu puisses y trouver des longueurs. C'est vrai.

Pour nourrir l'imagination du lecteur, le romancier met le paquet : tout, de l'Abistan, est décrit par le menu : la langue (l'abilang), les vêtements (burniqabs), l'organisation sociale (ses sbires, ses notables, son peuple) les paysages, tous les rouages du système, ses ghettos, sa "Frontière" mais je trouve qu'il faut cela pour bien intégrer le contenu du roman.Mais soyons francs, quand on lit "2084", on entre par moments dans une forme de torpeur (voire d'ennui) qui ressemble à celle dans laquelle les citoyens de l'Abistan, privés d'espoir et de vie, sont plongés. Cette sensation est due à cette écriture voulue par l'auteur pour rendre son roman froid, très scientifique et calme.
Quant à ATI, il faut se rendre compte qu'il s'agit avant tout d'un personnage lambda qui accède à l'éveil.


Ce roman n'est en nul point comparable  au roman d'Orwell . Le sien est précurseur avec la philosophie de son époque et où la notion de " résistance " n'est en aucun cas celle d'aujourd'hui.


Heureusement, que nous ne voyons pas tous les choses de la même façon; ce serait triste et ennuyeux !


Merci ma NIC pour tes ressentis toujours si merveilleusement bien écrits  alegre alegre

_________________
Nous sommes nos choix. 
            (Sartre)
Revenir en haut Aller en bas
http://laclefdeschamps.1fr1.net/f91-sapho-s-creations
le lémurien

avatar

Féminin
Nombre de messages : 23363
Localisation : à gauche d'Alpha du Centaure
Date d'inscription : 10/03/2014

MessageSujet: Re: Boualem SANSAL   Sam 23 Jan - 15:49

j'adore vous lire quand vous défendez chacune votre point de vue. C'est un vrai régal !
je me souviens de discussions, parfois féroces, sur GDS* flower

(A parté : c'est bien toi, ma Nic, qui nous avait conseillé "un avion sans elle" ? Il  m'avait beaucoup plu et j'ai repris un Michel Bussi !  Ma bibliothécaire, adorable, m'a dit qu'elle aimait beaucoup et va m'en commander d'autres à la centrale de Niort.
Celui que j'ai est "ne lâche pas ma main". (toi non plus ! alegre )
Revenir en haut Aller en bas
http://laclefdeschamps.1fr1.net/f43-ysandre-s-creations
Nicamic

avatar

Féminin
Nombre de messages : 10672
Localisation : Perpignan
Date d'inscription : 10/03/2014

MessageSujet: Re: Boualem SANSAL   Sam 23 Jan - 15:55

C'est sûr que le lecteur est tout à fait dans la même torpeur que les habitants de l'Abistan ! Personnellement, je trouve que c'est excessif, j'ai eu envie de sauter des pages  Wink  , je ne l'ai pas fait mais j'ai "ramé"... En outre, les explications ne sont pas toujours limpides ou alors j'étais fatiguée !
En ce qui concerne Ati, je ne vois pas vraiment l'intérêt d'un tel personnage, on finit par se demander comment il se fait qu'il a cherché à voir autre chose ; le lecteur a envie (en tout cas moi !) qu'il réagisse plus précisément, or il s'étonne souvent avec naïveté, il se laisse plus ou moins entraîner mais comment en arrive-t-il là, on ne le sait pas... c'est dommage.
Je regrette ces aspects négatifs à mes yeux car l'idée de départ est fort intéressante, on sent que l'auteur qui maîtrise très bien l'écriture aurait pu aller beaucoup plus loin et, par exemple, bâtir une véritable intrigue, en fait inexistante, si bien que le côté didactique l'emporte, ce que je trouve dommageable dans un roman. Je sais bien que les sujets ne sont pas de même nature, mais quand je compare avec les livres de Sorj Chalandon, je trouve cette fois un vrai romancier qui pourtant parvient à nous faire réfléchir sur des thèmes graves.

_________________
"Ne te courbe que pour aimer." René Char
Revenir en haut Aller en bas
http://www.yrle.com/nic
Sapho

avatar

Féminin
Nombre de messages : 8371
Localisation : BRABANT WALLON-BELGIQUE
Date d'inscription : 14/03/2014

MessageSujet: Re: Boualem SANSAL   Sam 23 Jan - 16:15

Alors pour Chalandon ma NIC, je suis à 100% d'accord avec toi ! I love you I love you

_________________
Nous sommes nos choix. 
            (Sartre)
Revenir en haut Aller en bas
http://laclefdeschamps.1fr1.net/f91-sapho-s-creations
Nicamic

avatar

Féminin
Nombre de messages : 10672
Localisation : Perpignan
Date d'inscription : 10/03/2014

MessageSujet: Re: Boualem SANSAL   Sam 23 Jan - 17:41

alegre alegre  Vive la lecture ! study study study study  et les échanges entre lecteurs   cheers cheers cheers cheers

_________________
"Ne te courbe que pour aimer." René Char
Revenir en haut Aller en bas
http://www.yrle.com/nic
le lémurien

avatar

Féminin
Nombre de messages : 23363
Localisation : à gauche d'Alpha du Centaure
Date d'inscription : 10/03/2014

MessageSujet: Re: Boualem SANSAL   Sam 23 Jan - 21:47

Chalendon est très prisé en ce moment ! Rotko vient de me le conseiller, il est entrain de lire heu....... va falloir que je regarde, je ne me souviens plus du titre !
Je suis contente, je lui ai envoyé mon dernier p'tite pouème, il m'a dit "très bon texte, j'aime ta façon de traduire l'inspiration". Je suis contente !
Alors, voyons .... Bathy, Nic, Sapho et Rotko.... ça fait plaisir d'être lue et appréciée, même pour une écrivaillonne comme moi ! Rolling Eyes
Revenir en haut Aller en bas
http://laclefdeschamps.1fr1.net/f43-ysandre-s-creations
Sapho

avatar

Féminin
Nombre de messages : 8371
Localisation : BRABANT WALLON-BELGIQUE
Date d'inscription : 14/03/2014

MessageSujet: Re: Boualem SANSAL   Lun 28 Mar - 19:21

LIVRE LU : HARRAGA




RESUME:


Une maison que le temps ronge comme à regret. Des fantômes et de vieux souvenirs que l'on voit apparaître et disparaître. Une ville erratique qui se déglingue par ennui, par laisser-aller, par peur de la vie. Un quartier, Rampe Valée, qui semble ne plus avoir de raison d'être. Et partout dans les rues houleuses d'Alger des islamistes, des gouvernants prêts à tout, et des lâches qui les soutiennent au péril de leur âme. Des hommes surtout, les femmes n'ayant pas le droit d'avoir de sentiment ni de se promener. Des jeunes, absents jusqu'à l'insolence, qui rêvent, dos aux murs, de la Terre promise. C'est l'univers excessif et affreusement banal dans lequel vit Lamia, avec pour quotidien solitude et folie douce. Mais voilà qu'une jeune écervelée, arrivée d'un autre monde, vient frapper à sa porte. Elle dit s'appeler Chérifa, s'installe, sème la pagaille et bon gré mal gré va lui donner à penser, à se rebeller, à aimer, à croire en cette vie que Lamia avait fini par oublier et haïr.







RESSENTIS


Sansal est d'abord un excellent romancier, l'un des écrivains encore capables de faire briller la langue pour restituer une réalité sociale complexe et angoissante. Ce roman témoigne avec éloquence des tendances troublantes qui traversent la société algérienne.
Harraga signifie «brûleur de route». C'est ainsi que l'on surnomme, les milliers de candidats à l'émigration qui préfèrent «mourir ailleurs que vivre ici».
Si cette oeuvre de Sansal, qui s'inspire de faits authentiques, relève du réquisitoire contre un pays où le soleil ne brille que pour certaines personnes, il s'agit avant tout d'une magnifique oeuvre. Un conte moderne  plein d'histoires, de rêves, de personnages, où les vieux sont des parchemins, les maisons des poèmes et les villes des catins, comme Alger, la ténébreuse, qui demande «un mois d'amertume pour cinq minutes de plaisir». L'espérance dans cet univers devient malheureusement un luxe.




AFRICULTURE-CRITIQUES


C'est toute l'errance de la jeunesse algérienne livrée à elle-même que l'auteur met en scène. Mais par-delà le sacrifice d'une jeunesse, c'est toute la misogynie d'une société phallocratique régie par un islamisme fanatique qu'il dénonce. d'où cette verve langagière, tantôt ironique, tantôt lyrique, avec des clins d'oeil à Camus et Boudjedra. Une manière pour l'écrivain algérien de se situer dans une généalogie prestigieuse et irrévérencieuse.


study study study

_________________
Nous sommes nos choix. 
            (Sartre)
Revenir en haut Aller en bas
http://laclefdeschamps.1fr1.net/f91-sapho-s-creations
Nicamic

avatar

Féminin
Nombre de messages : 10672
Localisation : Perpignan
Date d'inscription : 10/03/2014

MessageSujet: Re: Boualem SANSAL   Lun 28 Mar - 20:08

Tu m'intrigues, Sapho, avec cette dernière lecture. alegre  Merci.

_________________
"Ne te courbe que pour aimer." René Char
Revenir en haut Aller en bas
http://www.yrle.com/nic
le lémurien

avatar

Féminin
Nombre de messages : 23363
Localisation : à gauche d'Alpha du Centaure
Date d'inscription : 10/03/2014

MessageSujet: Re: Boualem SANSAL   Lun 28 Mar - 21:56

moi aussi, tu m'intrigues .... il est sorti récemment ?
Je vais le chercher à la bibliothèque, on ne sait jamais ..... scratch
Revenir en haut Aller en bas
http://laclefdeschamps.1fr1.net/f43-ysandre-s-creations
le lémurien

avatar

Féminin
Nombre de messages : 23363
Localisation : à gauche d'Alpha du Centaure
Date d'inscription : 10/03/2014

MessageSujet: Re: Boualem SANSAL   Lun 28 Mar - 22:51

INFO RECENTE SUR LES PRISES DE POSITION DE SANSAL.

 





Le romancier algérien Boualem Sansal a pris parti jeudi pour son confrère Kamel Daoud, accusé par un groupe d’universitaires français d' »alimenter les fantasmes islamophobes », en estimant que « sauver Kamel Daoud, c’est sauver la liberté, la justice et la vérité ».

« Malheur sur nous! Les lanceurs de fatwa et les censeurs les plus émérites, mais aussi les seconds couteaux, les jaloux, les faux amis et les super agents de la police de la pensée, tapis dans les hautes structures de la culture et de l’information, se mobilisent pour l’abattre », dénonce l’auteur de « 2084 » dans une tribune publiée par le quotidien français Libération.


« Il ne faut pas s’y tromper, les attaques contre Kamel Daoud relèvent du terrorisme, tout comme ce qu’en Europe, on appelle le ‘politiquement correct’, le ‘pas d’amalgame’ ou la ‘laïcité graduée' », soutient Boualem Sansal, à la fois bête noire des islamistes et critiqué par le régime algérien depuis sa visite en Israël pour y recevoir un prix littéraire.
Ecrivain et journaliste au Quotidien d’Oran, Kamel Daoud a été la cible d’attaques d’universitaires le mois dernier après avoir écrit que « le sexe est la plus grand misère dans le monde d’Allah » à la suite des agressions sexuelles commises pendant la nuit de la Saint-Sylvestre à Cologne, en Allemagne, dont certains des auteurs seraient des migrants.
Daoud, auteur du roman « Meursault contre-enquête » primé en France, a dans la foulée annoncé qu’il arrêtait le journalisme.
« Kamel Daoud se retire du journalisme. Vont-ils l’obliger à abandonner la littérature ? », s’interroge Boualem Sansal, lauréat l’an dernier du Grand prix du roman de l’Académie française.
Revenir en haut Aller en bas
http://laclefdeschamps.1fr1.net/f43-ysandre-s-creations
le lémurien

avatar

Féminin
Nombre de messages : 23363
Localisation : à gauche d'Alpha du Centaure
Date d'inscription : 10/03/2014

MessageSujet: Re: Boualem SANSAL   Sam 30 Juil - 21:59

Je me permet de mettre un extrait d'une interview de Boualem Sansal que j'ai lue dans LE POINT .
C'est un philosophe extrêmement clairvoyant, cet homme, plein de sagesse et qui ne mâche pas ses mots.


La religion est administrée comme une drogue dure qui décime, la base doit être régulièrement renouvelée pour éviter que les fous se prennent pour des sages et réclament la tête des chefs.
Mais quelle part y tient la religion ?
Il n'y en a pas, sinon dans les préambules, les salutations et les condoléances. C'est seulement en bas de la pyramide que l'on trouve un peu de religion, des gens qui font la prière, le ramadan, qui tuent conformément à la charia, qui meurent dans la joie ; à ce niveau, la religion est administrée comme une drogue dure qui décime, la base doit être régulièrement et rapidement renouvelée pour éviter que les fous se prennent pour des sages et réclament la tête des chefs. En Algérie, durant la guerre civile des années 90, l'espérance de vie des djihadistes était de six mois environ. Les chefs les poussaient à la mort pour éviter qu'ils n'en viennent un jour à les contester.
Si le tueur de Nice n'est pas français, la plupart des tueurs islamisés le sont et frappent donc leurs compatriotes : que pensez-vous de la réponse politique ?
Il faudra un jour réviser certaines définitions : un jeune issu de l'immigration, né en France, qui ne se reconnaît pas comme français, qui déteste la France et qui tue avec plaisir et conviction des Français, est-il français ? De quelle nationalité est-il ? En vérité, la question ne se pose pas. Un homme qui, un matin, se réveille islamiste renie toutes les identités qu'il a pu avoir avant. Il est un islamiste engagé dans le djihad d'Allah, le passé n'est rien et doit disparaître.
On peut de même se poser la question suivante : un Français, issu de l'immigration, de confession musulmane, qui se reconnaît français et musulman, il est quoi : un Français, un musulman, un ovni ? Comment un Français non musulman doit-il l'interpeller ? Comme Français, comme musulman devant assurer un service au nom de la francité ? Et comment un Français musulman peut-il l'interpeller ? Comme un musulman devant défendre sa religion et répondre à un frère, ou comme un Français se déclarant prudemment non islamophobe ?
Entre-t-on dans une guerre civile ?
Non, la France n'est pas entrée en guerre civile, elle traque des organisations criminelles, ce qu'elle fait plutôt mal par manque d'expérience, de connaissance et de moyens et parce que le discours politique est contradictoire. La solution n'est évidemment pas de bombarder Daech. La solution est de lui faire une vraie guerre sur tous les plans (politique, diplomatique, idéologique, militaire, financier, culturel), avec l'idée de l'éradiquer au plus vite et de s'assurer que jamais il ne puisse repousser. Le pouvoir combat le terrorisme islamiste, mais dans le même temps développe des relations troubles avec les monarchies arabes qui financent l'islamisme international. Il ne faudrait pas non plus que la France imite l'Algérie : le pouvoir algérien n'a pas combattu les islamistes, il a fait un deal avec eux : je garde le pétrole, je te laisse la population et on amnistie tout le monde.
Un état d'urgence qui se reconduit d'attentat en attentat est un cancer qui métastase, qui va ronger la société plus vite que le terrorisme ne le fait. Il faut retourner vite au fonctionnement normal des institutions, elles sont plus efficaces ainsi. C'est quand elles sont mises en mode « urgence » qu'elles sont le problème.
Revenir en haut Aller en bas
http://laclefdeschamps.1fr1.net/f43-ysandre-s-creations
Sapho

avatar

Féminin
Nombre de messages : 8371
Localisation : BRABANT WALLON-BELGIQUE
Date d'inscription : 14/03/2014

MessageSujet: Re: Boualem SANSAL   Sam 30 Juil - 23:22

Alors là monsieur SANSAL, nous sommes vraiment sur la même longueur d'onde ! bounce bounce bounce

_________________
Nous sommes nos choix. 
            (Sartre)
Revenir en haut Aller en bas
http://laclefdeschamps.1fr1.net/f91-sapho-s-creations
le lémurien

avatar

Féminin
Nombre de messages : 23363
Localisation : à gauche d'Alpha du Centaure
Date d'inscription : 10/03/2014

MessageSujet: Re: Boualem SANSAL   Dim 31 Juil - 9:41

j'admire cet auteur algérien qui continue à habiter son pays malgré les brimades et les menaces parce qu'il écrit sa pensée "libre" !
Même en France, il fait frémir les bien-pensants, les partisans du politiquement correct ! Very Happy
Revenir en haut Aller en bas
http://laclefdeschamps.1fr1.net/f43-ysandre-s-creations
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Boualem SANSAL   

Revenir en haut Aller en bas
 
Boualem SANSAL
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Boualem SANSAL (Algérie)
» SANSAL, Boualem
» [Sansal, Boualem] Le Village de l'Allemand
» Nouveau logo Hamoud Boualem

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
La Clef des Champs :: Littérature :: Commentaires de livres :: Auteurs ... francophones-
Sauter vers: